Déjà Ramsès II
Le tout premier utilisateur du henné fut Ramsès II. Des recherches archéologiques ont en effet prouvé que les cheveux de la momie avaient été teints, afin que cette partie sacrée du souverain soit préservée. Le Maghreb découvrira le henné et ses vertus bien plus tard, grâce aux Hébreux, mais avant l'Afrique noire (Sénégal, Mali et Niger notamment), qui apprendra l'usage de cette plante au moment des invasions arabo-berbères, au XIe siècle.

Une plante aux graines noires...
Au Maroc, c'est dans la région d'Azzemour, sur la côte atlantique, que l'on récolte le henné, plante aux graines noires, fleurs blanches et feuilles vert foncé. Ces feuilles, une fois séchées, sont réduites en une fine poudre qui, mélangée à de l'eau courante, de l'eau de rose ou du jus de citron, donne une pâte onctueuse.

Magique et spirituel
Ses vertus sont d'abord... magiques et spirituelles. Le henné étant réputé pour éloigner mauvais œil et mauvais sorts. On ne saurait commencer une cérémonie religieuse soufie sans déposer un rond de henné au creux de ses mains, ni implorer les bonnes grâces d'un saint sans lui offrir un bol de henné - généralement accompagné de dattes.

Jeunes filles et nouveaux nés
La coutume veut également que les jeunes filles encore célibataires se rendent dans le secret d'un sanctuaire où, après s'être enduit les cheveux et le corps de henné, elles se lavent avec une eau bénite, pour contrer les éventuels sortilèges susceptibles d'empêcher leur mariage.
Quant aux nouveaux-nés, on leur appose sur le nombril un baume fait de farine et de henné, qu'ils garderont jusqu'au quarantième jour de leur existence. Quand il s'agit d'un garçon, la mère enduit ses cheveux de henné le jour de la circoncision, afin de le protéger du malheur.

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Un produit de beauté

Doux et fortifiant Mais c'est dans le domaine de la beauté que l'on connaît le mieux le henné, utilisé jusque dans les spas les plus modernes pour ses vertus douces au corps et fortifiantes sur les cheveux. Il est aussi un atout de séduction intense lorsqu'il décore la peau d'arabesques mystérieuses.

Au premier jour des cérémonies de mariage, les pieds et mains de la demoiselle sont ainsi parés de henné par des hannayates (terme dérivé du mot "henné") dont l'art se transmet de mère en fille ou par compagnonnage. Autrefois, ces femmes utilisaient des bâtonnets effilés pour tracer leurs dessins. Aujourd'hui, c'est une seringue sans aiguille qui sert à entrelacer ces motifs, aux multiples significations.

Symbolique des dessins La rosace, par exemple, lorsqu'elle est pointée vers le haut, symbolise le feu et la virilité et, quand elle est orientée vers le bas, est synonyme d'eau et de féminité. Le signe +, que l'on retrouve souvent tatoué sur les mentons et fronts des vieilles femmes, figure l'étoile la plus brillante, à la fois œil de Dieu et phare pour éclairer sa route. La spirale, elle, exprime le devenir, l'éternel retour, et symbolise avant tout l'ensemble des valeurs féminines.

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Emblème absolu de réjouissance, le henné ne s'éclipse de la vie quotidienne qu'en période de deuil. Au terme des quarante jours réglementaires, il reparaîtra, signe que le bonheur est à nouveau possible.

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