A l’heure de la rentrée universitaire, on peut voir, ici et là, émerger de nouveau le foulard sur la tête des étudiantes d’Istanbul.

En Turquie, pays laïc, le port du voile avait été interdit dans les universités. Mais il semblerait que cette interdiction ait été nettement assouplie, rapporte LeFigaro.fr. Les étudiantes ont remis le foulard, et le débat semble prendre de l'ampleur.

 

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Il y a deux ans, le Parti pour la justice et de le développement, une formation conservatrice, avait vu sa proposition de libéraliser le port du voile à la fac déclarée anti-constitutionnelle. Le parti avait alors tout juste échappé à la dissolution. Mais LeFigaro.fr rapporte que, dans les sondages, la majorité des personnes interrogées seraient pour un assouplissement de cette loi, estimant que l’interdiction du foulard reviendrait à  interpréter de manière trop rigide le principe de laïcité.

Strictement appliquée depuis 1997, l’interdiction du foulard dans les universités vient de se voir amoindrie par une lettre du Conseil de l’enseignement supérieur adressée au recteur de l’université d’Istanbul, l’informant que le renvoi d’élèves en raison de leur tenue vestimentaire était prohibé. La levée de l’interdiction totale du foulard se ferait donc progressivement. C’est même Kemal Kiliçdaroglu, nouveau leader du CHP, le parti d'Atatürk, fondateur de la République turque, qui a remis le voile au coeur du débat public, cet été, durant la campagne sur la réforme de la Constitution.

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Il a précisé que seuls les voiles sur le modèle iranien – à savoir ceux qui laissent dépasser les cheveux – seraient autorisés, une manière, semble-t-il de reconquérir l’électorat populaire et conservateur à quelques mois des législatives, à l'heure où un autre débat plus contentieux encore, montre le bout de son nez : celui de l’interdiction du voile dans les administrations, que les plus conservateurs souhaiteraient voir abrogée…