Un homme jaloux, au début, c'est forcément flatteur... Il est formidable. Peut-être un tantinet collant par moment. Et puis, à bien y réfléchir, c'est vrai qu'il n'aime pas beaucoup, et même de moins en moins, vos amis masculins. D'ailleurs, c'est simple, il ne les supporte carrément plus.

Résultat, chaque sortie en solo se conclut par un interrogatoire en règle : ''"Tu étais où ? Avec qui ? Vous avez fait quoi ? C'est quoi le nom du resto exactement ? Vous êtes parti à quelle heure ?". ''

Autant dire que votre garde robe prend de fâcheux airs de ressemblances avec ceux d'une nonne. Et encore, il lui arrive de trouver ça "trop racoleur".

Du coup, forcément, ça finit par créer des tensions. S'ensuivent coups de gueules sur vases brisés et scènes de ménages à tout bout de champ. Cela devient franchement insupportable. Que faire? Prendre ses jambes à son cou face au jaloux et pourquoi réagit-il comme ça ?

Simplement parce que, souvent, l'homme vit la jalousie comme une perte de sa puissance. Ce qui situe à peu près l'ampleur du drame. En fait, le jaloux a une énorme peur : qu'un autre que lui touche sa femme et dispose de son corps.

En un mot, qu'un autre la possède. Résultat, lorsque sa copine se maquille, s'habille un tantinet "sexy", notre jaloux se persuade qu'elle cherche à plaire à d'autres. Une situation vécue comme une perte de sa virilité. ''"Inquiet comme tous les amoureux, le jaloux franchit un pas de plus : il est sûr qu'un jour ou l'autre, si ce n'est déjà fait, celui qu'il aime le trahira"'' explique la psychanalyste Marcianne Blévis (1).

Les conséquences ? Une volonté exacerbée de tout contrôler. Vérifier chaque minute de l'emploi du temps de sa moitié devient un devoir quotidien. Passer au crible le contenu du téléphone portable aussi. Sans oublier le rituel "interrogatoire" dès qu'un comportement suspect est détecté.

Privée d'autonomie, la femme victime d'un jaloux se retrouve isolée, non seulement de ses amis, mais aussi de sa famille...

Pire, si le jaloux pathologique est sûr d'avoir été trahi, il peut franchir la ligne rouge. Et devenir violent. Avec pour objectif l'humiliation pour prouver sa domination. C'est le cas du jaloux psychotique, qui touche surtout des hommes victimes de paranoïa aigue. Bref, on vire au jaloux pathologique, cas le plus extrême. Et aussi, heureusement, le plus rare. D'ailleurs, souvent, au final, le jaloux finit par regretter ses crises.

Le jaloux pathologique

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Comment réagir ? Pour le jaloux pathologique, seul le recours à un psychologue ou à un sexologue peut être salvateur. Voire même une thérapie de couple. Car si le jaloux doute de l'autre, c'est d'abord parce qu'il n'a pas confiance en lui. Or, l'homme a besoin d'avoir confiance en lui pour avoir confiance en l'autre. Du coup, il se croit indigne de l'affection qu'il reçoit. Finalement, Marcianne Blévis invite carrément les jaloux à aller "au-delà de la jalousie. Car c'est seulement à l'issue de la jalousie que le jaloux, reconnaissant dans le rival une figure du semblable, devient capable de ne plus craindre les pouvoirs fantasmés qu'il lui a attribués". Ouf. Tout n'est pas perdu.
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(1) A lire : "La jalousie, délices et tourments", Marcianne Blévis, Seuil.

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