Quelque trente ans après, toujours... John est mort criblé de balles, la paix trébuche elle aussi invariablement. Mais Yoko est toujours là, bien vivante, elle poursuit son oeuvre créatrice.

Elle a 73 ans, elle porte encore ses lunettes à verres mauves et habite toujours l'immeuble "Dakota". Sa vie est simple, toute simple. S'occuper des droits de John, poursuivre son travail et parfois, se balader dans Central Park, ou aller déjeuner dans un resto italien ou japonais. "Je ne suis pas très sociable, ni haute couture d'ailleurs. Je ne porte que des jeans, des tee-shirts et des vestes."

Elle est née à Tokyo en 1933. Elle voulait être compositeur, son banquier de père lui a assuré qu'il n'y avait pas de femme compositeur au monde. Elle a opté pour des études de philosophie, tout en suivant son père à New York. C'est là, dans le Low Manhattan, qu'elle a commencé à baigner dans le monde vibrant de l'art.

Happenings & expos !

Membre actif de l'avant-garde, on peut la rencontrer à Londres, à l'Indica Gallery, où elle expose régulièrement. C'est l'époque du mouvement international Fluxus et de l'art conceptuel, dont elle est alors l'un des principaux représentants.

Elle réalise un magistral spectacle au Carnegie Recital Hall en 61, utilisant son incroyable "voix à 16 bandes" comme disait John. Viennent ensuite les happenings, les collaborations musicales avec Lennon, son époux en 1969... Et ne parlons pas du clash avec les Beatles !

Publicité

Dans les années 80, elle approche la sculpture. Loin, si loin des matières transparentes et éphémères dont elle faisait usage, elle s'attaque au bronze.

Publicité
En 2000, elle signe un nouveau spectacle "YES Yoko Ono", qui voyage à travers le nord des Etats-Unis. On la retrouve à la Biennale de Sydney, avec des "lectures". Une nouvelle performance, aussi, "Vase Piece" : elle brise sur scène un vase à coups de marteau, distribue les morceaux au public et leur donne rendez-vous dans dix ans pour reconstituer le vase...Aujourd'hui, elle achète des pages entières de publicité dans les quotidiens pour clamer son message bourré d'empathie à la terre entière dans une lettre ouverte : "Pardonnez-nous". Pour faire du 8 décembre, le jour où John a été assassiné, ''''un jour de pardon de ceux qui ont souffert l'insupportable''", toutes ces personnes qui ont souffert de la violence et de la guerre. On est d'accord, et puis dans pardon, il y a don. Yoko l'a compris. Elle, "''avec tout son amour''"...

Un site sur l'exposition "YES Yoko Ono" en anglaisLe site de Yoko Ono