Dehors, il fait 2° et il pleut. Dedans, c'est (presque) les tropiques. Des palmiers, de l'eau turquoise à 30°. On s'y croirait. Sauf que nous ne sommes qu'à la piscine de ma petite (et si jolie) commune, pour une première séance d'aquagym et qu'il m'a fallu piocher dans la liste des bonnes résolutions de ce début d'année pour trouver le courage d'affronter l'univers extérieur hostile, et me résoudre à faire, enfin, un peu de salutaire exercice physique.

Nous y voilà ! Dix neuf femmes entre 32 (moi...) et 60 ans. Pas fiérotes, en maillot noir une pièce bien couvrant, à la peau pâle et hivernale. Certaines sont affublées d'improbables bonnets qui tiennent du protège douche -à moins que ce ne soit de la pluie- en plastique transparent plissé. Pas très glamour. Visiblement, nous ne sommes pas encore sur une plage de la côte. Aucun deux-pièces griffé à l'horizon, aucun colifichet de cheville, pas même un petit tatouage. Mais nous sommes toutes ici pour tenter de nous remuscler, alors tant pis !

Et puis, pour le côté sexy, il y a notre entraîneur sportif, un mélange de Brad Pitt et de Jude Law. Il porte un débardeur et un short, il est lui ravissant à contempler, jeune, bronzé, musclé, souriant.

Monsieur muscles

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"Monsieur muscles" nous observe comme si nous étions une cohorte de bombes. Ca donne du cœur à l'ouvrage ! Antony (c'est son nom) enclenche sa boîte à rythmes et hop ! Telles d'élégantes otaries ivres de bonheur, nous nous élançons gracieusement dans l'eau. "Allez. En avant et en rythme. 1-2-3, 1-2-3...On courre le long du bord en levant les genoux bien haut. On fait deux fois le tour. C'est bien, encore une fois..." Le troupeau peine à avancer. Certaines, qui ont l'air de bien se connaître, papotent bruyamment tout en marchant à contresens, sans écouter le moins du monde les instructions d'Antony. Elles gênent le passage et nous empêchent d'exécuter nos mouvements. J'ai affronté les frimas, j'ai décidé de combattre ma paresse naturelle, alors pas question de les laisser me gâcher mon cours et mon parcours. Il ne sera pas dit que, l'été prochain, je ne pourrai pas arborer mon mini bikini avec le ventre plat et la cuisse fuselée. Appliquée et consciencieuse, je fonce, je cours, je nage, je travaille mes abdos. Je jette un regard furieux aux traînardes oisives venues en touristes.J'éclabousse sans le vouloir une grincheuse qui se met à piailler. "On est dans une piscine, pas dans un salon de thé, alors forcément...". Je ne suis pas fâchée d'avoir mouillé sa permanente toute fraîche.
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Après 45 minutes d'efforts intenses, je suis lessivée mais heureuse. En prenant ma douche, je me contemple dans les grands miroirs. L'été prochain, mes fesses, ça va le faire !