Elle ne sort jamais sans ses lunettes de soleil teintées, même par temps gris. Elle ne s'adonne au lèche-vitrine qu'entre copines. Qui ? La Napolitaine, bien sûr ! Son lieu de rendez-vous fétiche est le quartier de Chiaia, coincé entre le bord de mer et les contreforts du Vomero, la colline qui domine le centre-ville, accessible par funiculaire. Jeans moulants, bottes en moumoute et sacs griffés à la main, elle arpente en conversant les ruelles étroites et animées du secteur, tout en prenant garde aux Vespas bruyants qui déboulent.

Les via Poerio au sud et dei Mille au nord, ce repère de la mode s'appelle "carré d'or". On peut y accéder par la sombre via Toledo, bordée de vendeurs à la sauvette de contrefaçons sans façons !

C'est un petit coin de paradis, il y a les classiques italiens : Armani, Versace, Prada ou encore MaxMara. Mais aussi des marques moins connues comme Eddy Monetti, avec des vestes et des impers à moins de 300 euros, Angeli, très tendance, avec des jupes et des tee-shirts originaux pour 60 euros et un cadre très épuré, murs blancs et plafond en bois brut apparent. Bonne nouvelle, les prix sont globalement inférieurs aux nôtres.

Côté créateurs, là aussi il y a du choix, mais attention, mieux vaut montrer patte blanche ! En effet, l'entrée des boutiques est souvent gardée par un cerbère peu coopératif. C'est le cas chez Allessandro dell'Acqua, le styliste en vue. Sa spécialité ? Les mélanges de matières. Taffetas, mousseline, mailles, broderie, tout y passe. Attention les prix...

Ombres et lumières

Une pause s'impose. Direction le Farinella et ses vins régionaux, comme le Falanghina, un blanc sec et fruité à la fois à savourer en salle ou en terrasse. Ici, comme partout à Naples, on vit dehors de préférence. Le grand chic côtoie la mode populaire, les fourrures frayent avec les blousons en jean. Ca et là, des échoppes de fruits et légumes survivent encore entre deux vitrines de luxe.En remontant la via Chiaia, nouveau stop pour une pâtisserie fondante au célèbre Café Gambrinus. Verdi venait y prendre son "petit noir"...Piazza Trieste é Trento, arrêt à la superbe galerie Umberto 1er. Un passage couvert de toute beauté, bâti en 1890, qui n'est pas sans rappeler les splendeurs du Grand Palais, à Paris. Il abrite deux musts : le show room Barabaro (déco maison et vêtements venus d'ailleurs) et le comptoir de Blunauta (nuisettes et robes légères).

Fin de journée... Rendez-vous de passionnées de peausserie dans le nord de la ville, Via Stella, dans la fabrique traditionnelle de gants Omega. C'est une entreprise familiale qui habille les mains des femmes (et des hommes !) depuis trois générations. Son jeune patron francophile, Mauro Squillace vous fera visiter son atelier, avec la bénédiction des cinq couturières permanentes qui s'appliquent sur les doublures en soie, en laine ou en cachemire.

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Car c'est aussi ça, Naples : un côté ombre et un côté solaire. Où le néon de l'atelier cohabite avec l'aspect "papier glacé" des vitrines glamour. Une ville pleine de contrastes et d'ambiguïtés. A vous de savoir la dompter !
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