Un "''sismographe''"...
Partout, des toiles sont hissées. Ici et là, des animaux dressés, empaillés. Par-ci, des cordes rouges pendouillent, lamentablement, du haut d'un mur. Par-là, d'autres sont tendues, quadrillées de tee-shirts. Entremêlés, en haut, en dessous, des corps de danseurs s'y meuvent...
Plus loin, c'est à nous de nous mouvoir, de nous faufiler, parmi des vagues, élégamment aériennes et modelées. Jeux de miroir et de labyrinthe...
Labyrinthe attendu d'œuvres et de créations, la Documenta12, prestigieuse manifestation d'art contemporain, se tient à Kassel, en Allemagne. "''Un sismographe obligé de l'art contemporain''", selon ses organisateurs...

Tous les cinq ans, depuis 50 ans, c'est le même fatras. Une centaine d'artistes du monde entier, dûment sélectionnés, débarquent, avec près de 500 créations, à monter, à placer et éclairer minutieusement, dans les cinq lieux d'exposition de la ville.

In extenso, plus de 650 000 visiteurs font irruption, affriolés par des têtes d'affiche ultra médiatisées -l'Américaine Martha Rosler, artiste féministe engagée, le Français Saâdane Afif, l'Irlandais James Coleman...

De la beauté...

Et puis il y a les autres, qui ont fait leur chemin, de visiteur en visiteurs. Iole de Freitas et ses vagues justement, Trisha Brown et le "Floor of the forest", les ficelles rouges ("And...") de Sheila Gowda.

Sans oublier les ruines du "Template" du Chinois Ai Weiwei, installation littéralement balayée par un mauvais coup de vent quelques jours après son inauguration. Face à ce coup du sort, l'artiste rétorqua : "''C'est aussi bien ainsi. Maintenant la force de la nature est visible. Et c'est par ce genre d'émotions que l'art devient beau''"...

A chacun sa révélation. Les vidéos de Tseng Yu-Chi, "Who is listening?", sont troublantes de sensibilité, de fragilité mêlée d'agressivité. On y voit des enfants poser face caméra, dans l'attente circonspecte d'un événement qui se matérialisera quelques secondes plus tard en un jet de peinture, en pleine figure. Une mauvaise surprise, quasi salvatrice.

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Sur un autre registre d'intimité, on s'attendrit devant les photos de bébé, gros plans, œil de maman, de Mary Kelly. Le travail de l'artiste polonais Kwiekulik, pourra être mis en parallèle. Sur des photos noir et blanc, on y fait la connaissance de son fils, Dobromierz, mis en scène et mis à mal dans des situations inconfortables. Cocasse.
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