Gustave Courbet ? Hum. Plutôt un classique non ? Des peintures d'un réalisme bourgeois, un peu convenu. Il l'était lui-même d'ailleurs n'est-ce pas... Un bourgeois de province ! Ainsi va la légende, s'encombrant de poncifs issus de ragots et de méconnaissance pour finalement devenir quiproquos et ignorance. Révélation...

Courbet, tout en courbes...D'Ornans à ParisIl est né sur les terres de son père à Ornans en 1819. Ses premières peintures datent de ses 15 ans... Puis ce fut Paris, pour devenir et être, résolument, peintre. Il restera à jamais attaché à sa terre natale et à sa famille. Fils unique, il fut là-bas inlassablement et éternellement aimé, gâté, admiré. Pas comme à Paris...diapo 2Chagrin et amertume...Après les premiers paysages, Courbet, peindra des portraits. Ceux des siens et puis surtout le sien... Fascinant, impressionnant, hallucinant ! C'est le ''Désespéré'' (1841). Désespérant. On ne sait rien de ce portrait, sinon qu'il l'aimait et le conserva longtemps dans son atelier... ''"Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l'intérieur le chagrin, l'amertume, et une tristesse qui s'attache au cœur comme un vampire"'', écrit-il à son mécène Bruyas quelques années plus tard...Amour contrarié, Salon refusé, Courbet est anéanti. Plan serré, cadré sur le regard d'un jeune homme éperdu et perdu.diapo 3Femmes et féminitéCes premiers nus datent de cette époque ou à peu près... Il s'affirmait homme à femmes, il était un homme de femmes, une mère et quatre sœurs... Les femmes qu'il a peint nous sont proches... Et ses nus étaient réputés subversifs. Des femmes matures, à la chair épaisse, aux courbes presque défaites, et pourtant si naturelles. Et pourtant si belles. "Des vénus capitonnées, des demoiselles de village, des lorettes de bord de Seine", comme l'écrivait Théophile Gautier dans ses critiques...diapo 4"Une croupe monstrueuse...""''La baigneuse'' a obtenu un succès de scandale. Figurez-vous une sorte de Vénus hottentote sortant de l'eau, et tournant vers le spectateur une croupe monstrueuse et capitonnée de fossettes... / ... Mais assurément, elle est ignoblement laide, et chose étrange chez un rustique comme Courbet, très maniérée." Ainsi s'exprime Théophile Gauthier à l'issu du Salon de 1853 dans le Feuilleton de la presse. La messe est dite.diapo 5L'Origine du monde...En 1866, Courbet à 47 ans, il lui reste une dizaine d'années à vivre. Napoléon III aurait refusé de lui décerner la Légion d'honneur. Les "chasses" présentées au dernier Salon ont été plutôt, et exceptionnellement saluées... Khalil-Bey lui commande ''L'Origine du monde''... Si une autre particularité des portraits et nus de Courbet était leur regard (presque) toujours détourné, cette femme là n'a plus même de visage. Khalil-Bey était parait-il érotomane, Courbet a été lui un fascinant cleptomane de l'intimité féminine...diapo 6Réaliste, romantique ou vaincu ?Courbet semble explorer tous les recoins de son art. Les paysages, les portraits, les nus, les chasses ; et puis des fresques paysannes, pleines de force et d'austérité, à l'instar de ces terres d'Ornans franc-comtoises. Puis, subitement, à la fin, ces natures mortes, criantes d'inexpressivité et pourtant riches de tout l'art du maître. Devenait-il enfin "convenable", réaliste convenu ou bien rangé des pinceaux ou encore plus simplement et irrévocablement mélancolique...diapo 7Je suis libre !1871, Gustave Courbet refuse la Légion d'honneur. ''"L'Etat est incompétent en matière d'art. .../...Le jour où il nous [les artistes] aura laissés libres, il aura rempli vis-à-vis de nous ses devoirs. .../... Qu'on veuille bien m'accorder et respecter, sans en être blessé, cette indépendance et cette liberté que je réclame parce qu'elle est inhérente à l'exercice de mon art. .../... J'ai cinquante ans, j'ai toujours vécu libre, laissez-moi terminer mon existence libre."'', écrit-il au Ministre des Beaux Arts.diapo 8Républicain et communardCourbet s'affirmait Républicain de naissance. Difficile pour lui de vivre alors sous l'Empire. Il s'engagea complètement lors de la guerre Franco-Prussienne, jusque dans la Commune, mais de façon farouchement pacifiste en refusant de s'associer à la Semaine sanglante. Il fut arrêté puis condamné pour avoir participé, entre autre, à la destruction de la colonne Vendôme. Il se réfugiât en Suisse comme tant d'autres membres de la Commune...diapo 9diapo 10

Gustave Courbet

Rendre justice

Gustave Courbet ? Hum. Plutôt un classique non ? Des peintures d'un réalisme bourgeois, un peu convenu. Il l'était lui-même d'ailleurs n'est-ce pas... Un bourgeois de province ! Ainsi va la légende, s'encombrant de poncifs issus de ragots et de méconnaissance pour finalement devenir quiproquos et ignorance.Rendons justice et honneur à un homme et un peintre rare et fascinant...

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