Avec "Heureux comme Lazzaro", l'Italienne Alice Rohrwacher signe une grande fable mystico-sociale qui célèbre la félicité.

Alice Rohrwacher n'a jamais vu un film de toute son enfance, ni approché un plateau de cinéma. Aujourd'hui pourtant, chaque fois qu'elle vient à Cannes, elle repart avec un prix. Elle est trentenaire, mais tourne en pellicule plutôt qu'en numérique ("Je suis très fidèle : à moins que les gens ne me fassent du mal ou ne me trahissent, je reste à leurs côtés. Cela vaut aussi pour la pellicule : elle ne m'a jamais déçue."). Elle n'est pas baptisée et n'a jamais mis les pieds dans une des innombrables églises de son pays, la très catholique Italie, mais son cinéma a cette capacité de sublimer"la grâce boiteuse"des gens modestes, à qui rien n'est épargné.

Quant à la question du genre, très présente dans le cinéma aujourd'hui, elle l'amuse avant tout :"Même si je tournais un film avec des tankset des explosions, il suffirait d'une feuille qui tombe d'un arbre au détour un plan, pour qu'on affirme que c'est là un regard féminin sur la guerre." Après ses deux premiers longs métrages,Corpo Celeste(2011) etLes Merveilles(2014), Alice Rohrwacher continue de surprendre en rejoignant Chloë Sevigny, Ava DuVernay et Lucrecia Martel parmi les auteures d'un des courts métrages de la série Women's Tales initiée par Miu Miu :De Djessest un conte miniature dialogué dans une novlangue, où une création de la griffe italienne choisit sa propriétaire et non l'inverse.

Un film en deux époques

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"Je me suis dit que c'était bien de donner le rôle...

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