Au fil d'un récit haletant, Matthieu Suc décrit comment l'Etat islamique s'est doté de services secrets ultra-efficaces.. aux méthodes inspirées des renseignements occidentaux.

Agents infiltrés, officiers traitants, "opérations extérieures"... On se croirait dans un épisode duBureau des légendes.Ce que décrit le journaliste deMediapartMatthieu Suc dans son dernier livre (1), fruit de quatre ans d'investigation, n'est pourtant pas le fonctionnement de la DGSE, mais celui de l'Amniyat. Soit la structure qui, au sein de l'Etat islamique (EI), a formé depuis la Syrie des espions d'une efficacité redoutable, capables de traquer les taupes dans leurs rangs, de se jouer des forces de l'ordre en Europe, de préparer de faux attentats pour masquer les vrais... Une enquête captivante.

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Le prologue du livre est consacré à Nicolas Moreau, un Français qui tenait un restaurant à Raqqa. Dès juin 2015, il décrit à la DGSI le fonctionnement de l'Amniyat, mais il n'est pas pris au sérieux. Pourquoi ?

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Il y a eu des hésitations, les services français ont pensé que c'était un bluff. A l'époque, ils n'avaient que des morceaux du puzzle, et il est plus facile pour nous d'en parler avec le recul. Mais il y a peut-être eu aussi une forme de déni, voire de mépris, vis-à-vis des djihadistes. On les a présentés comme des ânes bâtés, qui ne pourraient pas "faire comme nous", en l'occurrence avoir une intelligence opérationnelle, au prétexte qu'ils se réfèrent à un fondamentalisme religieux. Or, dans leurs rangs, il y avait des gens intelligents, ouverts sur le monde, maîtrisant les nouvelles technologies. D'ailleurs parmi leurs dirigeants,...
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