Le nouveau Pierre Lemaitre, couleurs de l'incendie, est la suite d'au revoir là-haut. La joie est grande de replonger dans cette fresque historique. Comme un Kill Bill de l'entre-deux-guerres.

Vous souvenez-vous de Madeleine Péricourt, fille de grands bourgeois, épouse de crapule et mère d'un garçon bègue de 7 ans ? Si vous avez lu Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre (prix Goncourt 2013, adapté au cinéma par Albert Dupontel cet automne), sans doute. Sinon, peu importe : il n'est pas indispensable de connaître le premier tome de la trilogie Péricourt pour dévorer la suite. Juste se dire que ce qui tient l'ensemble, c'est un même désir de vengeance. Mais à celle de poilus traumatisés succède la revanche de Madeleine.

Spoilée par les hommes de son entourage occupés à bâtir leur gloire sur la chute d'une femme seule, "destinée au mariage" si bien qu'elle ne sait rien faire d'autre, Madeleine devient "brutale". La situation l'exige, ainsi va l'époque. Nous sommes entre deux guerres : les classes populaires sont exsangues et la haute bourgeoisie accumule les richesses, l'extrémisme envahit l'Europe et les progrès (en technologie ou de marketing) enterrent le vieux monde sans qu'il s'en rende compte.

Publicité
On croirait lire non pas la chronique des années 20-30, mais la nôtre. C'est la force des romans de Lemaitre : au-delà du plaisir que procure leur fougue romanesque, par-delà cette langue qui emprunte autant à Balzac qu'à Audiard, ils tendent au lecteur un miroir à peine voilé sur sa propre réalité.
Publicité

COULEURS DE L'INCENDIE de Pierre Lemaitre (Albin Michel, 544 pages).

----------------------

3 bandes dessinées repérées au...

Lire la suite sur Grazia

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité