Depuis mi-novembre, le mouvement des gilets jaunes questionne. Peut-on changer le monde sans organisation ni idéologie claire ? Décryptage.

En 2009, Karl Lagerfeld posait pour une campagne de sécurité routière avec un magnifique gilet jaune, provoquant une vague de sidération et quelques AVC dans le monde de la mode. Neuf ans plus tard, les "gilets jaunes" sont partout. Le 17 novembre, ils étaient 282 000 à bloquer de grands axes routiers, des ronds-points et des zones commerciales dans toute la France. Une semaine plus tard, ils étaient encore 106 000. Pour la première fois dans l'histoire des révoltes françaises, un mouvement sans leader, sans organisation et sans idéologie réussit à fédérer, à exprimer un ras-le-bol général, une défiance envers les institutions.

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Pour Stéphane Sirot, spécialiste de l'histoire et de la sociologie des grèves,"c'est le signe d'une faillite de la capacité des contre-pouvoirs, et donc des syndicats, à faire entendre des revendications. C'est pour cela que s'inventent de nouvelles formes de mobilisations. On pourrait même dire qu'il s'agit d'un printemps arabe à la française du point de vue de l'organisation, qui a débuté sur les réseaux sociaux." Tout a commencé sur Facebook le 10 octobre, lorsque huit Franciliens (dont le seul point commun serait la passion des rassemblements automobiles selon les services du renseignement) ont lancé les premiers appels à organiser des barrages routiers. Depuis, les gens se mobilisent, dans leur ville et leur quartier, exprimant leur colère et arborant leur gilet fluorescent comme signe de reconnaissance. "On peut...

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