INTERVIEW - Rare et précieuse, présente dans nos vies depuis son adolescence, Vanessa Paradis fait partie de ces femmes dont le parcours, malgré les obstacles, n'a jamais failli. Ses choix ont toujours été personnels, tout en résonnant fortement avec son public, qui s'est souvent identifié au pays entier. Qui dit mieux ? Ces jours-ci, elle revient au cinéma, avec "Chien", de Samuel Benchetrit. Rencontre.

Il y aurait de quoi écrire un roman moderne, percutant et peut-être à la mode : un jeune ambitieux un peu cynique, un peu talentueux, un peu Yann Moix mijotant Podium, pourrait écrire Shooting en faisant le simple récit d'une journée de travail de Vanessa Paradis. Un jour de janvier en plein Paris. Un ancien garage parking des années 50 transformé en ruche high-tech. Y ont été aménagés de vastes studios professionnels pour la mode, le cinéma, la pub, la photo. Un étage est ce jour-là entièrement réservé, avec des nuées de gens qui travaillent, affairés, engagés, concentrés.

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Des stylistes, des spécialistes, un garde du corps. Maquilleur, coiffeur, personal shopper. Des assistants partout, des techniciens, des accessoiristes, des éclairagistes, des dresseurs de chiens avec leurs magnifiques coquins. De la restauration, du secrétariat, de la logistique. Un type qui jette du sable pour faire du plateau une plage. Un autre qui fait du vent avec une planche. Des dizaines de paires de chaussures, des douzaines de portants avec fringues. Des sacs de marque, des ceintures, des bijoux et accessoires. La musique plus ou moins en sourdine, les cheveux qui volent trop bas ou trop haut, les projecteurs qui éblouissent, les écrans de contrôle...

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Il y a quelque chose de grandiose et antique dans cet étourdissant barnum. Les codes ont changé mais les effets, les motivations et les rituels semblent les mêmes que lors du déplacement d'une reine de Mésopotamie dans...
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