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Johnny Hallyday, 60 ans de carrière

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Johnny Hallyday s'est éteint cette nuit à 74 ans, chez lui, à Marnes-la-Coquette dans le département des Hauts-de-Seine en région parisienne. Il luttait depuis un an contre un cancer du poumon.
Ces chansons, qu'on les apprécie ou non, ont borné les vies de millions de personnes. A n'en pas douter, il laissera son empreinte dans le patrimoine culturel de la France.
En soixante ans de carrière, le 'Elvis français' est passé par tous les styles, du rock'n'roll le plus sauvage à la variété la plus suave. Comme pour se réinventer. Et durer.
Retour sur des titres emblématiques de ce 'caméléon'.
"Souvenirs, souvenirs" (** 1960**) : mais qui est ce beau jeune homme dont le jeu de scène déchaîne le public ? A 17 ans à peine, Johnny chante déjà son premier tube, la légende est en marche.
"Retiens la nuit" (** 1961)** : avec ce titre écrit par Charles Aznavour, Johnny n'est pas seulement "l'idole des jeunes" qu'il chantera en 1962, il gagne ses galons d'interprète.
"Le pénitencier" ( 1964 ) : tout en effectuant son service militaire, Johnny rencontre un de ses plus gros succès avec cette adaptation du standard américain "The House of the Rising Sun", qui évoque plutôt une... maison close.
"Cheveux longs et idées courtes" (1966)* : cette chanson est une "riposte" à un titre d'un nouveau venu sur la scène musicale, Antoine. En effet, ce dernier, dans ** "Les Élucubrations d'Antoine" * , décrivait Johnny en figure du passé.
"Noir c'est noir" ( 1966) : ce nouveau tube n'a pas été écrit pour refléter ses états d'âme, mais Johnny va mal. Sylvie Vartan a demandé le divorce, le fisc le rattrape et il tente de se suicider avant de se produire à la Fête de l'Humanité.
"Que je t'aime" (1969) : l'année se veut "érotique", mais Johnny reste romantique, ce qui ne l'empêche pas de susciter l'hystérie de ses fans à chaque fois qu'il interprète ce hit. Il en héritera le fameux "ah que" inventé à ses dépens par les Guignols de l'info.
"La musique que j'aime" ( 1973 ) : toute la musique qu'il aime, "elle vient de là, elle vient du blues". Johnny a 30 ans, il chante enfin ce qui lui ressemble le plus et engrange un classique supplémentaire.
"Gabrielle" ( 1976 ) : Johnny, période brushing, mascara autour des yeux, ne croit pas en l'adaptation de cette chanson méconnue de Tony Cole "The king is dead". Il en fera pourtant un de ses hymnes de stades.
"Ma gueule" ( 1979 ) : Johnny muscle son jeu. Il cherche une chanson inédite pour sa rentrée sur scène et trouve une perle avec ce morceau du parolier Gilles Thibaut qui l'avait initialement écrit pour... Alice Sapritch. Plus grave, le compositeur Pierre Naçabal, poursuivi pour plagiat, se suicide, avant d'être finalement blanchi.
"Quelque chose de Tennessee" (1985) : depuis le début des années 1980, Johnny se sent comme un "chanteur abandonné". Michel Berger le relance sur la voix du succès avec cette ballade, hommage au dramaturge américain Tennesse Williams, cité en introduction par Nathalie Baye qui dit un passage de "La chatte sur un toit brûlant".
"Je te promets" (1987) : revenu au sommet, Johnny veut y rester et embauche l'autre auteur-compositeur en vogue de l'époque, Jean-Jacques Goldman. Ce single est devenu incontournable en concerts comme "Laura", "J'oublierai ton nom" ou "L'envie", tous issus de l'album "Gang".
"Mirador" (1989) : Johnny revient à l'univers carcéral, un de ses thèmes récurrents. Ecrite par son fils David, cette chanson parle également de liberté, comme le montrent dans le clip les images du Chinois de la place Tian'anmen qui bloqua la progression de chars.
"Allumer le feu" ( 1998) : devenu celui qui bat des records d'affluence, du Parc des Princes au Stade de France, en passant par Las Vegas, Johnny trouve son hymne fédérateur avec ce tube taillé pour la scène.
"Vivre pour le meilleur" (1999) : nouveau gros succès avec ce single composé par son fils David, comme tous les titres de l'album "Sang pour sang", sur lequel Johnny chante un texte ("Quelques cris") que Françoise Sagan lui avait écrit trois ans plus tôt.
"Marie" (2002** )** : écrit par Gérald de Palmas, sur une commande de Pascal Nègre alors président d'Universal France, ce single est le plus vendu de tout le répertoire de Johnny (1.400.000 exemplaires).
"Un dimanche de janvier" (2016) : après plusieurs albums sans relief, Johnny revient au premier plan avec l'album "De l'amour" et ce titre qui évoque les marches ayant suivi les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher.
Le premier contrat de Hallyday pour Philips (absorbé depuis par Universal) date de juillet 1961. Auparavant, il dépendait du label Vogue, pour lequel il avait notamment publié son premier 45 tours en mars 1960 puis, quelques mois plus tard, "Souvenirs, souvenirs".
Tous ses tubes ont ensuite été gravés pour le compte de Philips puis Universal (43 albums): "Le pénitencier" (1964), "Que je t'aime" (1969), "Oh ma jolie Sarah" (1971), "Toute la musique que j'aime" (1973), "Gabrielle" (1976), "Ma gueule" (1979), "Quelque chose de Tennessee" (1985), "Laura" et "L'Envie" (1986) ou "Marie" (2002), pour n'en citer que quelques-uns.
Son dernier album pour Universal, "Ma vérité", était paru en novembre 2005, alors que le divorce entre lui et la maison de disques était déjà consommé. La justice avait décidé en 2006 qu'il ne pourrait recouvrer la propriété des bandes originales de ses chansons.
Avec AFP

Publié le 06/12/2017
Publié le Mercredi 06 Décembre 2017 : 16h57